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Les 10 plats tchadiens les plus incontournables

Le Tchad regorge d’une richesse culinaire indescriptible, facilitée par sa multitude d’ethnies. Les saveurs changent du tout au tout selon la localité dans laquelle vous-vous trouvez. Ainsi, un légume peu se préparer de différentes manières dans plus d’une région. Toutefois, il y a des plats fédérateurs devenus légendaires, parce qu’on peut les trouver dans la quasi totalité des provinces du Tchad. Ce qui fait de la cuisine l’une des rares choses qui nous rend égaux. Pauvres ou riches, nous avons les mêmes légumes en partage !

Il y a une histoire qui court comme quoi, un jour, le premier président tchadien François Tombalbaye avait organisé un dîner en l’honneur de ses hôtes de nationalités françaises. Lors de ce dîner, il n’y avait qu’un seul menu sur la carte, et pas le moindre : ‘’la sauce longue’’, (extrêmement visqueux, il faut des années de pratique pour manger ce plat proprement), accompagnée de sa boule. Le tout mangé sans cuillère, ni couteau, ni fourchette… Et le plus important, sans bavoir ! Résultat, nos chers amis de France se sont retrouvés le buste dégoulinant de sauce longue, au nom de l’intégration !

Ah, quel africaniste ce président !

Je vous invite à découvrir la cuisine tchadienne, qui se fait généralement à base de viande ou de poisson, accompagnée de boules de millet. Dans cette liste des dix plats les plus incontournables, j’ai mis l’accent sur les sauces uniquement, vous laissant le choix de les accompagner des galettes de riz, de la boule de manioc, de maïs, de sorgho…

Très bon appétit à vous !

Sauce gombo 

Sauce de gombo frais avec ses galettes de riz - Les plats incontournables tchadiens.
Sauce de gombo frais avec ses galettes de riz (kissar)
Crédit Photo : Annadjib Fatakaya

Tagalia ou Tagalié

Sauce Tagalia - Les plats incontournables tchadiens.
Sauce Tagalia
Crédit photo : N’Djaména Fast Food

Karkandji

Sauce d'oseille / Karkandji - Les plats incontournables tchadiens.
Sauce d’oseille/Karkandji
Crédit Photo : Say Baa

Mouloukhié

Une sauce mouloukhié - Les plats incontournables tchadiens.
Une sauce mouloukhié
Crédit Photo : Say Baa

Sauce longue

La sauce longue avec sa boule de maïs - Les plats incontournables tchadiens.
La sauce longue avec sa boule de maïs
Crédit Photo : Say Baa

Kanda ou les boulettes

Sauce Kanda / boulettes de viande - Les plats incontournables tchadiens.
Sauce Kanda/boulettes de viande
Crédit Photo : Say Baa

Kawal

Sauce Kawal assortie de sa boule de riz - Les plats incontournables tchadiens.
Sauce Kawal assortie de sa boule de riz
crédit Photo : Cuisine tchadienne

Haricots

Un plat de haricots au beurre de karité - Les plats incontournables tchadiens.
Un plat de haricots au beurre de karité
Crédit Photo : Say Baa

Souroundou

Plat de riz souroundou
Crédit Photo : Say Baa

Feuilles de haricots

Sauce à base de feuilles de haricot
Crédit Photo : Say Baa

N’oubliez pas de me dire dans le commentaire votre plat préféré !


Coronavirus : des médecins tchadiens escroqués ?

Depuis huit mois, le Tchad lutte contre la maladie du Coronavirus qui continue de mettre à mal la planète toute entière. Des moyens colossaux ont été débloqués pour la cause. Toutefois, de lugubres histoires continuent d’alimenter la gestion de cette crise entre détournements et ruptures abusives de contrats. Retour sur une question brûlante : des médecins tchadiens se sont-ils fait escroqués ?

Le 19 mars 2020, lorsque le Tchad enregistrait officiellement son premier cas de contamination au coronavirus, la tension auprès de la population était palpable. Après les superstitions toutes aussi ridicules les unes que les autres, le Tchadien avait fini par comprendre que ni sa couleur de peau, ni sa position géographique, ni son soleil ardent et moins encore ses féticheurs pouvaient le sauver, à moins de respecter scrupuleusement les mesures barrières.

Comparé à d’autres pays, le Tchad semble bien contenir le virus

En huit mois de lutte acharnée avec un système de santé lui-même mis sous protocole de transfusion massive – grâce aux concours des banques, partenaires, ONG et divers pays – on peut dire que le Tchad a eu un gros coup de bol et semble ‘’éviter’’ le pire.

  • Il a été créé un Comité de veille et de sécurité sanitaire, pour appuyer le Ministère de la santé afin de mieux gérer toutes les affaires en rapport à la pandémie du Covid-19 auprès des institutions étatiques concernées ;
  • De faramineuses sommes d’argent ont été déboursées pour contenir et endiguer l’épidémie. Un décret portant le numéro 0374 du 24 mars 2020 portait création à titre exceptionnel d’un compte d’affectation spéciale intitulé ‘’Fonds Spécial de lutte contre le coronavirus’’. Le Président du Tchad annonçait alors avoir déboursé 15 milliards de francs CFA pour faire face à la pandémie ;
  • Vers la mi-mars, le ministère de la santé lance une initiative (numéro vert 1313) soutenue par l’ARCEP (Autorité de Régulation des Communications Electroniques et des postes) un ‘’Call Center’’ pour informer, sensibiliser et éduquer la population tchadienne sur la maladie à Coronavirus ;
  • Les forces de l’ordre ont été déployées dans certaines régions du Tchad afin de faire respecter le couvre-feu instauré par les hautes autorités et également pour veiller au respect du port du cache-nez rendu obligatoire…
Plan de riposte au Covid-19
Crédit Photo : Ministère de la santé publique du Tchad

Etudiants et stagiaires en médecine hautement exposés

Au tout début de la pandémie, les étudiants à partir de la 3e année de médecine qui étaient dans différents hôpitaux pour les stages académiques ont payé un lourd tribut dans ce qui est désormais devenu un terrain de maccabées pour le bonheur des vautours.

Plusieurs dizaine de ces stagiaires et étudiants ont été contaminés par la maladie à Coronavirus, alimentant à leur tour la chaine de contamination. La raison serait un manque de qualification pour la gestion d’une pandémie de cette envergure. On comprend donc pourquoi une note ministérielle a été prise pour suspendre les stages des étudiants de la 3e à la 6e année.

Toutefois, le 14 avril 2020, le chef de l’Etat, dans une allocution à la nation, annonçait le recrutement de 1638 agents de santé dont les dossiers étaient en instance d’instruction à la fonction publique.

Des médecins et étudiants en dernières années de médecine recrutés pour deux mois

Face à l’évolution rapide de la pandémie et surtout à l’urgence qui se faisait sentir, dans un pays où les médecins ne courent pas les rues, le Comité de veille et de sécurité sanitaire a dû revoir sa stratégie. Cette fois sans prendre de gants, à coups de mensonges éhontés, de violation de contrat…

Des médecins et étudiants en instance de soutenance ont été recrutés et affectés sur différents sites (hôtels, hôpitaux, aéroport…) pour les besoins de la cause. Un des étudiants nous a confié qu’après le premier mois (avril 2020) de leur recrutement, il leur a été présenté des excuses au lieu de leur salaire, et de poursuivre que selon le Comité de veille et de sécurité sanitaire, c’était une erreur imputable à la trésorerie mais que tout leur sera réglé.

Des contrats de bénévolat

Mais le même tableau s’était reproduit le mois de mai. Et là, au détriment du contrat verbal préalablement passé avec le personnel enrôlé pour la lutte contre la pandémie du Covid-19, le Comité de veille annonce que c’était du bénévolat et qu’à l’heure actuelle, il n’y a que par le bon vouloir du président Déby qu’ils pourraient être payés pour leur travail.

Après avoir passé deux mois à travailler gratuitement, une nouvelle stratégie a été adoptée par le comité. Cette fois-ci, il a été établi un contrat de bénévolat entre le ministère de la santé et la faculté de médecine de N’Djaména, obligeant les étudiants, à partir de la 6e année de travailler pour la lutte contre la maladie à Coronavirus.

Que dit l’ordre des médecins ?

Le comité de veille sanitaire s’en sort à bon compte : l’Ordre des médecins tchadiens est resté silencieux pour des bonnes raisons, nous confie un étudiant en instance de soutenance. Premièrement, la plus part de personnes engagées dans ce contrat étaient soit des étudiants, soit des indépendants. Aussi, l’Ordre des médecins n’avait pas été impliqué dès le début du processus.

Dissolution du Comité de veille et de sécurité sanitaire

Le vendredi 15 mai 2020, par un décret, le Président Idriss Déby Itno annonçait la dissolution de la Cellule de veille et de sécurité sanitaire et mettait en place un nouveau Comité de Gestion de Crise Sanitaire (CGCS). Cette fois, le CGCS est placé sous son contrôle direct !

Même si les raisons de ce changement ne sont pas clairement édictées, il est évident qu’il n’y a qu’un problème de gestion de la coquette somme de 15 milliards qui pousserait le Président à superviser lui-même le nouveau comité de gestion de crise sanitaire.

Il est important de rappeler qu’à ce jour, la situation épidémiologique au Tchad depuis le 19 mars 2020 se présente comme suit :

  • 1211 cas repartis dans 17 provinces ;
  • 1070 guéris ;
  • 56 malades sous traitement ;
  • 85 décès.


Le tronçon N’Djaména – Kélo : la route de l’enfer

Pour certaines personnes, voyager s’apparente souvent à une belle expérience, à un moment de découverte, à un loisir. Mais au Tchad, l’état du réseau routier est tel qu’effectuer un voyage à l’intérieur du pays est un véritable calvaire. Aujourd’hui, nous effectuerons ensemble un voyage de 360 Kilomètres… Attachez bien vos ceintures !

Entre détournements de fonds publics et corruption, entre violation des droits humains et exécutions sommaires, entre détonements de mitrailleuses et enfants mourants du paludisme,  j’espère que vous avez déjà entendu cette formule dopée à la folie des grandeurs : « le Tchad, vitrine de l’Afrique ! » Cette phrase résonne comme un chant nouveau sur une contrée qui veut de toutes ses forces renaître de ses cendres, après tant d’années de mauvaise gestion publique : le Tchad veut devenir une grande destination touristique.

Le Tchad aurait pu être une belle destination touristique…

Je confesse, le Tchad est un pays extrêmement riche ! Riche de ses cultures, riche de ses massifs, riche de son soleil et de son sable fin à perte de vue, riche de ses cuisines, riche de son bétail, riche de ses activités agricoles, riche de l’histoire de son peuple… Autant de réalités qui peuvent faire de ce pays une destination touristique pour qui veut découvrir le Sahel dans un seul pays. Mais là n’est pas le principal sujet de ce billet.

Coucher du soleil à la sortie sud de Guelendeng. Crédit Photo : Say Baa

Les routes au Tchad

Depuis son indépendance, le Tchad, contrairement à ses pairs de l’Afrique centrale, est resté à la traîne au niveau du développement de son réseau routier. Cela se ressent à partir du moment où l’on quitte la capitale N’Djaména pour n’importe quelle autre destination à l’intérieur du pays.

Pour une superficie de 1.284.000 Km2, le pays compte environ 10.000 kilomètres de routes bitumées. Ces routes vont de N’Djaména à Abéché, de N’Djaména à Kiyabé en passant par Guelendeng, Bongor, Kélo, Moundou, Doba et Sarh (les grandes villes du Tchad). Ces routes appelées « nationales » n’ont rien des routes nationales, si non rien de toutes les routes !

Voyage sur la route de l'enfer, entre N’Djaména et Kélo.
Route dégradée sur une centaine de kilomètre. Crédit Photo : Say Baa

Le nord du pays traversé par le Sahara reste une zone de tous les cauchemars pour un voyage par voie terrestre. Pour cause, les dunes de sable à perte de vue et les ouadis couronnés par un manque de routes bitumées ne favorisent guère la connexion entre les villes et villages.

Le tronçon de l’enfer : N’Djaména – Kélo

Ce tronçon de 360 kilomètres n’est pas l’unique route dans un très mauvais état, et les cas d’exemples ne manquent pas dans ce domaine, à la plus grande déception des pauvres usagers. Pour vous mettre au parfum de ce qui se passe sur cette route, retenez ceci :

  1. C’est l’unique route qui lie les deux villes 

Cette route dite nationale est l’unique qui dessert la capitale tchadienne et la ville de Kélo. Il en est de même pour toutes les autres grandes villes du Tchad.

2. Pour relier N’Djaména à la ville de Kélo par un bus commercial, il vous faudra 10 heures de route 

Je me demande souvent, comment en est-on arrivé là ? A passer 10 heures assis dans un bus pour relier deux villes séparées par 360 kilomètres.

Cela fait plus de 20 ans que j’effectue le trajet N’Djaména-Kélo plusieurs fois dans l’année et les choses vont de mal en pire. De 5 h en bus pour ce petit voyage, les enchères ont grimpées jusqu’à 10 heures en quelques années.

Voyage sur la route de l'enfer, entre N’Djaména et Kélo.
Les nids de poules rendant la route impraticable. Crédit Photo : Say Baa

Chaque jour, ce sont des centaines de véhicules de tailles confondues qui empruntent cette route qui dessert la capitale N’Djaména et les grandes villes situées au sud du pays.

Sur ce tronçon de route, les postes de péages routiers sont toujours aussi intraitables. A ce qu’il parait, l’argent collecté servirait à réhabiliter les routes. Mais quand on voit la réalité du terrain, on sait à peu près où passe tout cet argent. Dans les poches des individus !

Entre temps, la population continue de jouer avec sa vie sur ce tronçon de route tandis que les plus grandes autorités débarquent dans les petites villes en hélicoptères assourdissants et impitoyablement rapides.

Les évacuations sanitaires vers les hôpitaux de N’Djaména constituent également un véritable calvaire, car l’état de la route peut à lui seul précipiter le patient de l’autre côté du regard.

3. C’est une des routes où il y a le plus d’accidents au Tchad 

On ne compte plus les nids de poules sur cette route. Par moment, on est obligé de faire une sortie de piste sur plusieurs kilomètres et par endroits, le goudron disparait littéralement comme si quelqu’un venait de rouler son tapis avant de l’emporter. Les gros porteurs exagérément chargés y circulent 24h/24, accentuant à leur tour la dégradation de la route.

Tous ces éléments réunis constituent une véritable poudrière. Chaque année, des accidents se comptent par dizaine sous le silence insolent de nos autorités. Entre temps, nous ne pouvons ni optimiser le temps pour des meilleurs rendements dans nos activités, ni profiter des potentialités de nos villes en terme de tourisme, le tout dans une posture vulnérable avec pour seul expression : Dieu est grand et qu’Il veille sur nous !


N’Djamena : 10 centres où apprendre de nouvelles langues

Au Tchad, une seule personne peut parler cinq voire dix langues différentes. Il va de soi parce que le pays compte plusieurs centaines de langues reparties sur 1.284.000 km2. Ces langues nationales sont parlées par des groupes ethniques de tailles variées. Mais l’administration publique tchadienne quant à elle utilise deux langues, le français et l’arabe qui ne font pas toujours l’unanimité car le système du bilinguisme n’est pas opérationnel à 100%.

De ce fait, des centres d’apprentissages sont créés ci et là pour permettre aux gens d’améliorer leur niveau de la langue arabe ou française ou plus encore pour apprendre de nouvelles langues et ce, pour des bourses variées.

Pour vous, la fenêtre étoilée à fait une petite compilation de dix (10) centres qui vous permettront de voyager et/ou de découvrir de nouvelles nuances d’une langue. Et comme l’a dit Federico Fellini : « Une langue différente est une vision différente de la vie »

A lire : Première fois à N’Djaména? Ces mots en arabe tchadien pour se débrouiller en ville

Le Centre d’Apprentissage de la Langue Française

Crée en 1983, le centre d’apprentissage de la langue française (CALF), vise à alphabétiser en français des adultes qui ont précédemment bénéficié d’une scolarité en arabe littéraire ou qui ont eu une scolarité insuffisante en français. Le CALF a pour objectif d’accroître les capacités de communication écrite et orale en français des cadres ou futurs cadres des secteurs publics, parapublics et privés, et des autres catégories socioprofessionnelles du Tchad. Les formations qu’ils dispensent sont sanctionnées par des examens débouchant sur des certifications officielles.

La Société Internationale de Linguistiques

Selon Wikipédia, la SIL est une organisation non gouvernementale religieuse évangélique, dont le but principal est l’évangélisation à travers l’étude, le développement, la documentation des langues dites « minoritaires » et la traduction de la Bible.

A l’heure actuelle, c’est l’organisation la plus impactante en termes de sauvegarde de langues nationales tchadiennes.

En plus de l’anglais et de l’arabe, la SIL propose des ateliers de formations pour apprendre des langues nationales tchadiennes.

L’American Hapiness Center

Situé en plein cœur du quartier Moursal, l’American Hapiness Center révolutionne l’apprentissage de l’anglais depuis quelques années à N’Djamena avec un programme qui vous permet de parler la langue de Shakespeare en 90 jours. Un programme qui marche ! Une équipe de formateurs qualifiés de nationalités variées appuyée par l’Ambassade des Etats Unis au Tchad ont fait de l’apprentissage de l’anglais une réalité à la portée de tous.

Le Centre Don Bosco

Le centre des jeunes Don Bosco est une grande référence en matières culturelles au Tchad et dans la même lancée, il se positionne comme un des meilleurs centres d’apprentissage de langues étrangères. A ce jour, le centre Don Bosco propose des formations en français, en anglais et en chinois. De quoi faire de vous de véritables polyglottes.

Le Centre Culturel Al Mouna

Créé en 1986 le Centre Culturel Al Mouna est une association à but non lucratif basée à N’Djaména au Tchad dans le quartier Djambal Bahr/rue Baïbokoum 3029.

Al Mouna est une institution qui veut faire la promotion de la culture tchadienne dans toute sa diversité et c’est aussi un lieu de formation en langues (français, arabe et anglais) et un lieu de promotion du bilinguisme. Il dispose d’une bibliothèque et d’une maison d’édition.

La Maison Nationale de la Femme

Au courant de l’année 2020, la Maison Nationale de la Femme a créé en son sein un centre d’apprentissage de l’arabe et du français. Toutefois, il convient de rappeler que ces formations sont réservées exclusivement aux femmes !

Le Centre Noun

Le jeune centre de formation Noun est spécialisé dans l’apprentissage de l’arabe, du français et de l’anglais. Pour tous les amoureux de la dite langue, c’est le lieu où il faut être !

L’English Access Microscholarship Program

Ce centre d’apprentissage de l’anglais propose comme les autres une formation donnant droit à une certification. En partenariat avec l’US Ambassy, les plans de travail de l’English Access Microscholarship Program sont conçus de sorte à satisfaire chaque apprenant.

Aley Center Club

Le centre d’apprentissage Aley Center Club est sans doute l’unique centre à N’Djaména qui propose un large éventail de langues. Il s’agit en effet de l’anglais, du français, du chinois, du coréen, de l’espagnol et de l’arabe

Le Cambridge Learning Center

Le Cambridge Learning Center de N’Djaména offre des cours d’anglais uniquement.


WenakLabs offre une bibliothèque de 2500 livres à l’Association Imp’Acte

Ce vendredi 4 septembre 2020, le Hub de technologie WenakLabs a fait une généreuse donation à l’Association Imp’Acte. Une bibliothèque d’environ 2500 livres lors d’une petite cérémonie avec coupure de ruban.

Soutenant les politiques en faveur de l’éducation et de la formation des jeunes, WenakLabs, dans cette impulsion solennelle témoigne de son engagement continu en faveur de l’épanouissement des jeunes dans la littérature. Ce geste est tout d’abord un appui à l’Association Imp’Acte qui a pour but la promotion de la culture et de la littérature au Tchad.

Panel constitué de : Abdelsam S, Kamal K, et Mariam D
Crédit Photo : Guérina

Ce don est constitué entre autre de livres d’éveil de conscience, d’ouverture d’esprit,  de découverte, de fenêtres entrouvertes sur d’autres contrées, qui participeront assurément à la fortification d’un imaginaire et des connaissances pour les jeunes au-delà de leur monde habituel. Dans cet élan, WenakLabs n’offre pas seulement des livres mais il offre des voyages, il prend soin de la santé de l’Association Imp’Acte et de son jeune club de lecture Joseph Brahim Seid, il ouvre les uns et les autres à la culture, à la curiosité de la littérature.

A lire : Le Club Joseph Brahim Seid : une passion commune pour la lecture

‘’Le contenu d’un livre contient le pouvoir de l’éducation, et c’est grâce à ce pouvoir que l’on peut créer un futur et changer des vies.’’ Malala Yousafzai

Mr Abdelsalam Safi, Co-fondateur de WenakLabs, Kamal Koulamallah président de l’Association Imp’Acte et Mme Mariam Djamouss, avaient tour à tour témoigné de l’importance d’avoir une jeunesse tchadienne qui se cultive au contact des livres. Lors de ce panel qui avait réuni autour d’une même table ces trois personnes, le ton était auguste, le moment pour Mme Mariam de rappeler à l’assistance, l’importance de découvrir l’histoire du Tchad au travers des livres ! Dans la même lancée, elle offrira en cadeau quelques livres historiques rares qui trôneront désormais dans les étagères de la désormais bibliothèque de l’Association Impacte.

Mme Mariam Djamouss rappelant l’importance de la littérature dans une nation
Crédit Photo : Guérina

‘’Je connais le pouvoir des mots, moi qui en ai été privé si longtemps. Je sais l’impression qu’ils font sur les ignorants, les mal assurés, comment ils font battre en retraite, rougir, balbutier !’’ Katherine Pancol

La cérémonie s’est achevée autour d’un buffet et de quelques prestations scéniques de l’humoriste Ahmat Ebidami et un slam à la sauce tchadienne servie par mes soins.

Crédit Photo : Hamit

Ce fut également le moment pour les uns et les autres d’échanger avec des auteurs tchadiens à l’instar de Brahim G. Dadi, Brahim Mortalla, Don Ebert, Youssouf Terri venus honorer de leur présence à la cérémonie.

Désormais, l’Association Imp’Acte sera en charge de la gestion de la bibliothèque. Elle fixera les modalités d’adhésion, tiendra un calendrier de gérance, décidera de l’exploitation des livres (sur place ou à prêter)…


Interview exclusive : le Maréchal du Tchad se confie à propos des inondations à N’Djaména

Cette année 2020, la saison des pluies dans la capitale tchadienne a un goût particulièrement amer. Il y a rarement eu autant de vagues d’inondations à N’Djaména. Une situation qui n’est pas sans conséquences. Dans ce billet, je vous propose une interview exclusive a la sauce de La Fenêtre Étoilée du Maréchal du Tchad…

Impraticabilité des rues

En cette saison des pluies, des évènements surréalistes se produisent dans les rues de N’Djaména. Déjà il faut savoir que c’est un classique pour les n’djaménois de certains quartiers de :

  • Se disputer le passage avec les crapauds (nous autres sommes même devenus des écologistes gentlemen) ;
  • Déféquer la nuit tombée dans des sacs plastiques et de les balancer ensuite dans l’eau parce que les WC sont inondées…

Mais grâce à nos rues boueuses, désormais on fait le Moon Walk mieux que Michael Jackson en avant et sur les côtés aussi, et plus hallucinants encore, des pirogues sont utilisées pour traverser des routes goudronnées… Ah, au point où j’en suis, je pourrais croire en l’existence des licornes !

Les rares routes goudronnées encore épargnées par les inondations sont devenues de véritables points d’embouteillages parce qu’elles sont empruntées par tout le monde. J’ai battu un record en passant 1h pour franchir un tronçon de route de moins de 05 kilomètres.

Une rue inondée de N’Djaména
Crédit Photo : Adam Ismael

Plusieurs centaines de concessions sont inondées

Dans certains quartiers de N’Djaména, le niveau de l’eau est à plus d’un mètre du sol. Des centaines de concessions sont inondées. Forçant des familles à quitter leur maison pour aller louer dans d’autres quartiers épargnés par les dégâts. Les personnes ayant moins de chances ont vu leurs maisons s’écroulées sous leurs yeux sans pouvoir rien faire. Au-delà du silence insultant du gouvernement, des propriétaires de maisons augmentent les tarifs de location pour les sinistrés déjà dans une position de faiblesse.

A lire aussi : N’Djaména, la guerre des moustiques

https://www.facebook.com/issa.alibarka/videos/3291022067655930
Des femmes sinistrées appelant à l’aide
Vidéo de : Issa Ali Barka

Suite à ce ras-le-bol répétitif devenu légendaire, la Fenêtre Etoilée à décider de rencontrer le Président et Maréchal du Tchad Idriss Déby Itno pour une interview exclusive pour parler des inondations dans la capitale tchadienne !

La Fenêtre Etoilée : Mr le Président Maréchal Idriss Déby Itno, bonjour et merci de nous accorder cet entretien.

Maréchal Idriss Déby Itno : Bonjour !

La Fée : Mr le Président, d’entrée de jeu, pourquoi est-ce qu’il n’y a pas de caniveaux digne de ce nom dans la capitale tchadienne pour faciliter l’évacuation des eaux ?

Le niveau de l’eau est a plus d’un mètre dans certains quartiers de N’Djaména
Crédit Photo : Racky Diallo

MIDI : Ecoutez, j’ai hérité de 30 années de désordre quand j’ai pris le pouvoir en 1990. Si les présidents qui m’ont précédé avaient chacun investi dans la construction des caniveaux par arrondissement de la ville, à l’heure actuelle, nous aurions pu avoir une capacité d’évacuation d’eau capable de renforcer même le Lac Tchad. N’est-ce pas ? Aujourd’hui, Dieu merci, mon palais qui se trouve à proximité du fleuve Chari est épargné. Mais, il faut le rappeler, des efforts sont entrain d’être consentis pour que le quartier présidentiel soit épargné de cette situation.

La Fée : Mr le Maréchal quel est le plan de riposte face à ces inondations qui continuent de mettre des familles entières dans de fâcheuses positions ?

MIDI : Ecoutez, si chaque famille tchadienne décide de faire un petit canal devant sa concession, c’est sûr qu’on n’aurait pas à vivre tout ça. N’est-ce pas ? Le peuple ne peut pas tout attendre de moi. N’est-ce pas ?

La Fée : Mr le Président…

MIDI : Oui la Fée !

Comme beaucoup, cette rue inondée n’a pas de caniveaux
Crédit Photo : Say Baa

La Fée : Beaucoup de maisons se sont écroulées sous le coup des inondations. Doit-on espérer à l’aide du gouvernement pour secourir les victimes ?

MIDI : Ecoutez, des efforts sont entrain d’être consentis avec nos partenaires. N’est-ce pas ? Les Etats Unis nous ont promis un Caterpillar volant avec une motopompe intégrée capable d’évacuer les eaux par un système de téléguidage autonome et la France va dépêcher 07 diplomates, je dis bien 07 pour constater les dégâts. Ensemble, nous allons vaincre l’inondation. N’est-ce pas ?

La Fée : Mr le Président, ces derniers temps, les ‘’élévations’’ sont devenues très tendance au Tchad. Nous avons assisté à votre élévation au titre de Maréchal et l’ambassadrice du Tchad au Burkina Faso a également été élevée au titre de maman nationale.

MIDI : Oui !

La Fée : Que pensez-vous de la volonté de l’Assemblée Nationale d’élever le peuple tchadien au rang de ‘’Aquaman’’ pour son exploit digne d’un super héros en cette saison des pluies ?

MIDI : Je vais personnellement, je dis bien personnellement dépêcher un contingent de 12.000 soldats pour s’assurer de la bonne marche des activités du peuple en tant que ‘’aquaman’’ !

La Fée : Ah ! Ça mérite des applaudissements ! Merci pour votre générosité Mr le Président !

MIDI : Rires !

La Fée : Des rumeurs selon lesquelles cette situation de crise pourrait conduire à votre chute circulent depuis peu. Etes-vous inquiet ?

MIDI : Ecoutez, je suis quelqu’un qui croit en Dieu et à mon avis, c’est lui qui m’a mis où je suis. N’est-ce pas ? Mais à ce que je sache, le peuple n’est pas Dieu. N’est-ce pas ? (Rires)

La Fée : Le peuple c’est le peuple…

MIDI : N’est-ce pas ?

La Fée : Tout à fait ! Pour finir Mr le Président, un dernier mot à l’endroit du peuple ?

MIDI : J’aimerais attirer l’attention de tous les chefs de partis politique d’opposition, je dis bien tous les chefs de partis politique d’opposition, cette bande de djandjawids, d’arrêter de manipuler le peuple ! N’est-ce pas ? Et aux tchadiens, je vous le dis, on est fait pour mourir ensemble car il n’y a pas un autre Tchad de rechange quelque part !

La Fée : Merci Mr le Président MIDI pour ces paroles très émouvantes et pour l’honneur que vous faites à la Fée en lui accordant cette interview maréchalesque !

MIDI : Si vous êtes aussi influent que France24 et rfi, la prochaine tournée sera pour moi ! (rires)

PS : cette interview est une fiction


Le Club Joseph Brahim Seid : une passion commune pour la lecture

Depuis deux ans déjà, dans la bibliothèque de Wenaklabs, des jeunes venus de divers horizons ont pris l’habitude de se rencontrer deux fois dans le mois (les samedis) à partir de 16h pour partager leur passion commune pour les livres : C’est le club de lecture Joseph Brahim Seid, promu par l’Association Imp’Acte.

Joseph Brahim Seid dont le nom est porté par le jeune club de lecture fut un des pères fondateurs de la littérature tchadienne. On lui accorde notamment la paternité des œuvres, tel que : Au Tchad sous les étoiles parue en 1962 et Un enfant du Tchad en 1967.

Un jubilé entier après la parution de ces œuvres, des enfants du Tchad se retrouvent sous un ciel bleu, parsemé d’un milliard d’étoiles pour entrer ensemble dans un univers de littérature fait de proses, de poésie, d’épistolaire et plus encore.

On assiste à un véritable récit shakespearien dans un pays où d’une part les jeunes qui consacrent du temps à la lecture de romans ne courent pas les rues et d’autre part un JBS Club fou de la littérature qui continue de rependre le magnifique virus de la lecture dans la cervelle des jeunes avec une approche 2.0

Les technologies de l’information au service de la littérature

On accorde au jeune club de lecture une approche qui se veut d’actualité. Aujourd’hui, l’on n’est plus obligé de s’abonner à une bibliothèque pour y lire des livres physiques. Il suffit d’utiliser des appareils connectés pour accéder à la lecture avec un coût relativement bas voire gratuit. Le JBS Club a choisi notamment l’application WhatsApp pour y partager des livres avec tous ses membres. JBS club propose à ses membres plusieurs livres avant chaque séance, et le choix de la lecture se fait en concertation. Les quels livres après avoir été lus font l’objet d’une discussion haute en couleurs, dans un environnement convivial.  Pendant cette période de crise sanitaire, le Club a tenu quelques rencontres sur Instagram pour le plus grand bonheur de ses membres.

Crédit Photo : Emmanuel Walusimbi / Iwaria

Le déroulé des rencontres

Deux fois dans le mois, de jeunes gens de différentes formations sociales se rencontrent dans la bibliothèque de WenakLabs. C’est le lieu où la magie opère ! Autour d’un livre préalablement lu par les participants, des pensées fusent, des discussions sont engagées et de temps-temps des éclats de rires illuminent des visages pour s’appesantir sur des témoignages… J’ai simplement envie de dire que dans ce lieu, il y a la vie. Chaque fois, pendant 02 heures !

A la fin de chaque rencontre, quelques livres sont soumis au vote pour permettre aux uns et aux autres de choisir lequel sera lu lors de la prochaine rencontre.

Discussion autour d’un livre entre les membres du Club JBS
Crédit Photo : Khoudar

Le JBS Club c’est aussi chaque individu avec ses motivations personnelles, ses sensations, ses envies…

Mille raisons pour une même passion

‘’La lecture était ma liberté et mon réconfort, ma consolation, mon stimulant favori : lire pour le pur plaisir de lire, pour ce beau calme qui vous entoure quand vous entendez dans votre tête résonner les mots d’un auteur.’’ Paul Auster

Comme cet auteur, le livre à travers le club de lecture concourt à enrichir le vocabulaire de ses adhérents, à voyager sans se déplacer, à se frotter aux auteurs les plus incroyables issues de différentes contrées, à mener des discussions intelligentes… et plus intimement comme le confiera Kamal Koulamallah, président de l’Association Imp’Acte au journal Tchadinfos :

« La lecture est une quête perpétuelle de la sensation qu’on a eu lorsqu’on a lu le premier livre qui nous était destiné. »

Depuis, on assiste à un épanouissement des jeunes au contact de l’univers littéraire. En deux ans, une centaine de livres de différents genres et d’auteurs variés ont été lus. Les discussions autour des romans se font dans une ambiance chaleureuse mêlée à la sensibilité de chaque participant et souvent dans un élan de confession

Les réalisations du Club Joseph Brahim Seid

En plus de sa mission primaire qui est de démocratiser la littérature au travers de la lecture, le JBS Club s’implique d’avantage dans d’autres projets d’envergure.

  • Mois international du livre et de la lecture sur le thème : Contribution des Nouvelles Technologies de l’information et de la Communication dans la promotion du livre et de la lecture ;
  • ‘’Voyage au bout du livre’’ avec l’Institut Français du Tchad ;
  • Equipement de la bibliothèque de WenakLabs avec des livres ;
  • Des ateliers d’écritures ;
  • Des causeries débats ;
  • Concours de littérature…
Remise de prix aux gagnants du concours littéraire  »L’Afro-Futurisme en mots »
Crédit Photo : JBS Club

Le Club de lecture Joseph Brahim Seid a indéniablement de beaux jours devant lui. Pendant ce temps, si vous êtes à N’Djaména, n’hésitez pas à faire un tour à ses réunions pour découvrir les passionnés (comme vous sûrement) de littérature. Vous devez vous inscrire au préalable ici pour pouvoir recevoir des livres via l’application WhatsApp.


Cauchemar : un son écrit avec le cœur

La ville de Ngaoundéré au Cameroun aura écrit une bonne partie de l’histoire de ma jeune carrière de slameur… J’y ai connu ma première expérience de studio, ma première expérience avec un label, ma première scène hors de mon pays et ma première véritable collaboration… Et pendant ce temps, il m’a été donné de travailler avec des personnes très talentueuses qui ont su apprécier et laisser libre cours à ma créativité.

A cette époque, je cherchais encore mes repères, je prenais mes marques sur des rythmes très variés en repoussant mes limites, brisant avec l’image un peu terne que les gens avaient du slam. Cette curiosité et cette envie d’aller voir ailleurs m’ont conduit vers Lady Break, cette jeune fille qui envoutait l’Adamaoua de son génie musical. Elle avait cette facilité presque troublante à s’adapter à n’importe quel genre de musique. Elle dominait littéralement le ‘’RnB’’ dans ses nuances les plus souls, et mettait un point d’honneur à maitriser l’afro pop et chacune de ses variantes… 

A l’époque, j’avais les mélodies de ses chansons qui passaient sur les ondes de la radio campus bloquées dans un coin de ma tête. J’étais fan de son travail, et je me suis dit : un jour, je collaborerai avec cette artiste ! Le hasard aidant, un jour, je découvre qu’on avait le même beatmaker ! Mais ce sera grâce au concours d’un autre ami artiste que je la rencontrerai finalement vers mi 2015.

Lady Break
Crédit Photo : Music In Motion Records

Il a suffi que je lui dise mon nom pour qu’elle me ‘’reconnaisse’’ : ‘’Mais je te connais ! Le samedi dernier j’ai écouté un slam de toi qui traite de l’avortement sur la radio campus. C’était très émouvant !’’

J’avoue que je ne m’y attendais pas,  mais je n’avais pas à m’inquiéter non plus. Car entre-nous, c’était plutôt bien parti ! Elle avait une personnalité très avenante et les heures qui ont suivi, nous les avons passé à improviser des mélodies et lyrics pêle-mêle. C’était tout à fait le genre de rencontre que je me suis toujours imaginé entre artistes !

Nous avons découverts mutuellement l’univers de chacun et nous-nous sommes décidés presque instantanément d’entamer une collaboration.

Pourquoi collaborer sur un titre qui s’intitule Cauchemar ?

Cauchemar, c’était parti de l’idée de raconter ‘’nos’’ déboires après un moment d’enthousiasme, d’enivrement et d’inspiration comme celui que nous avions passé ce jour-là à s’échapper ensemble dans cette passion qu’est la musique. Car oui, très souvent derrière chaque moment de bonheur se niche un malheur, un cauchemar qui des fois échappe à la justesse des mots pour le décrire… alors nous avons imaginé cette histoire telle que racontée dans le son.

En parallèle à ce choix purement artistique, Lady Break vivait à cette époque, sa première expérience de maternité qui s’annonçait pour le moins compliqué. Je crois que c’est ce fait qui nous a décidé dans le choix final du titre.

En Avril 2016, Lady Break accouchât de son enfant par césarienne. Heureusement, tout s’était bien déroulé. L’incroyable histoire reste le fait qu’elle ait composé le refrain du son ‘’Cauchemar’’ sur son lit d’hôpital en pleine convalescence ! Je n’en revenais pas, moi qui étais à son chevet le jour qui a suivi son intervention chirurgicale ! Mais elle avait définitivement gagné mon admiration par son incroyable force et par-dessus tout, sa passion sans faille pour son art.

Ensuite, nous avions décidé de raconter un ‘’Cauchemar’’ ensemble, sans artifices, sans prétention aucune, juste avec le cœur sur un beat du gabonais Slayerbeatz, un mastering du camerounais Mystik le tout sous la coordination du label Music In Motion Records !

Maintenant, à vous d’écouter, de commenter et de partager autour de vous…


Le Doukhane : plus qu’un allié de la maison, une religion

Au Tchad, l’utilisation du doukhane obéit à plusieurs codes. Ce qui lui confère une dimension culturelle et spirituelle assez forte ! Entre le doukhane en bois et celui en racines d’arbres en passant par les coquillages, un savoir-vivre extraordinaire s’en dégage.

L’encens, communément appelé doukhane est très prisé par de nombreuses familles tchadiennes. Cet engouement a permis à de nombreuses femmes d’en faire un commerce hautement lucratif. De ce fait, vous trouverez dans les marchés tchadiens plusieurs gammes de doukhane aux multitudes de senteurs et le plus important, repartis à la bourse de tout le monde. Ainsi, vous pouvez vous offrir un bocal de doukhane à 2.000 francs CFA ou à plusieurs centaines de milliers de francs !

Pour vous donner une idée de l’importance et surtout de la valeur du doukhane, sachez que des commerçant(e)s effectuent des voyages du Tchad jusqu’en Arabie Saoudite et/ou en Inde pour acheter les ingrédients nécessaires à sa fabrication.

Oman : arbre à encens
Crédit Photo : Pydum / Flickr

Pour rappel, l’apparition de l’encens remonterait à plus de 6.000 ans et était déjà utilisé dans certaines régions de l’Afrique, du Moyen Orient et de l’Inde. A la base, ce sont des arbres à gommes odorantes qui sont brûlés dans des chambres ou pour des rites à cause de leurs vertus thérapeutiques.

Au-delà de ses sublimes fragrances exportées, de son bois ou de ses coquillages particulièrement sélectifs, il n’en reste pas moins que de très grandes et fascinantes histoires agrémentent son utilisation.

Le doukhane se présente sous différentes formes

Vous trouverez quatre gammes de doukhane sur les marchés tchadiens.

Une collection de Doukhanes et de parfums
Crédit Photo : Samaha Beauty

Le doukhane en bois

Ce sont des arbres, séchés et émiettés en brindilles de quelques centimètres qui subissent une autre transformation. Dans le contexte tchadien, pour la préparation du doukhane en bois, on y ajoute des fragrances selon le résultat attendu et du sucre (qui a pour effet de fixer le parfum pendant un temps plus ou moins long par rapport au dosage sur les vêtements ou les meubles d’une pièce) ;

Le Doukhane en bois
Crédit Photo : Sandal Bakhour du Tchad

Le doukhane en coquillages

Il existe une autre particularité dans la fabrication du doukhane au Tchad qui consiste à utiliser des coquillages de fleuves et de mers à la place du bois. Ce type de doukhane est particulièrement rare et de plus grande facture à cause de la rareté de ses ingrédients et surtout de la complexité de sa fabrication.

Le doukhane en forme de boulettes

Les boulettes de doukhane sont une variante du doukhane en bois sauf qu’ici, le bois est bien plus fin et grâce au sucre présent dans sa fabrication, les femmes en font des boulettes. Ainsi, une boulette peut servir au moins deux fois. Ne vous y trompez pas, il peut tout aussi avoir une bonne valeur marchande. Tout dépend de la composition !

Doukhane en forme de boulettes disposées dans un bocal
Crédit Photo : Samaha beauty

Le doukhane à base de racines d’arbres

Il obéit au même principe de fabrication que les précédents doukhanes sauf que dans ce cas précis, l’on utilise des racines spécifiques au lieu du bois ou des coquillages.

Doukhane à base de racines de plantes
Crédit Photo : Samaha beauty

Le Dilkhé

En bonus, je vous présente un autre allié de la beauté à la tchadienne. Le dilkhé ! Pour faire moderne, c’est un produit gommant. Sa composition dépend généralement des fabricantes. Mais on y trouve des produits de base comme le parfum utilisé dans la composition du doukhane, des feuilles d’arbres…

Quand une femme utilise le dilkhé, ce n’est pas que pour se sentir propre mais également pour préparer son corps à son époux. Par le même geste, elle enlèvera toute les impuretés qui ont pu rester sur sa peau et faire pénétrer en profondeur le parfum dans sa chaire.

cher.e.s célibataires, je ne vous permet surtout pas d’imaginer ce qui se passera ensuite. lol !

Dilkhé
Crédit Photo : Samaha beauty

Contrairement à la croyance commune, le doukhane ne s’utilise pas que pour désodoriser une pièce de la maison.

Doukhane et couple

D’entrée de jeu, j’aimerais préciser que même si la coutume l’a affecté à un usage général, au Tchad, le douhkane n’est pas destiné à une utilisation par les célibataires ! C’est un truc de couple parce que c’est un élément far dans l’union de deux cœurs qui s’aiment.

Dans les mariages musulmans, il occupe une place de choix. Car lors des préparatifs du mariage, il est consacré une journée entière à sa fabrication. C’est « La journée du doukhane » ! Et généralement, de grosses sommes d’argent (pouvant s’élever à plusieurs millions de francs CFA) sont  déboursés pour la cause. Et son coté attachant voudrait que ce soit la mère de la future épouse et/ou ses tantes qui le préparent. Ensuite, il sera disposé dans plusieurs bocaux et pourra servir pendant plusieurs années. D’autres femmes gardent quelques bocaux en souvenirs de leur mariage pendant des décennies.

Il faut noter que le même doukhane ne s’utilise pas dans toutes les pièces de la maison. Ainsi, une femme n’utilisera pas le même doukhane dans le salon où elle est susceptible de recevoir à peu près tout le monde et dans la chambre à coucher où elle partagera un moment plus intime avec son homme. Et cela ne veut pas non plus dire que le doukhane utilisé dans le salon serait de bas de gamme. C’est juste une façon pour la femme de partager avec son époux quelque chose d’unique même si ce n’est qu’un parfum !

Hum, je ne sais pas pour vous mais moi, ça me donne des idées…

doukhane entrain de bruler
Crédit Photo : Samaha beauty

Pour prendre la dimension intimiste du doukhane, un homme marié ne peut pas offrir du doukhane acheté sur le marché (sauf peut-être les ingrédients) à sa femme. Ce sera mal vu car le processus de fabrication devrait être entaché d’amour et de toute l’affection de sa maman ou de ses tantes ou encore de celles de son épouse. Et pas autrement.

Le doukhane comme une thérapie

Le doukhane est associé à l’idée de la propreté et dans nos sociétés traditionnelles, c’est la femme qui en ait la charge dans le foyer.

Dites-moi quel est l’état de votre maison, et je vous dirai quel  »genre » de femme vous avez !

Mais il faut savoir que les femmes affectent au doukhane des vertus selon leurs propres croyances et leurs expériences. Par exemple :

  • Purifier la maison de ses odeurs ;
  • Se connecter avec sa mère et ses tantes ;
  • Pour se sentir bien ;
  • Pour mieux dormir ;
  • Pour avoir une bonne odeur corporelle ainsi que des vêtements qui sentent bons…

A ce propos, il n’y a pas plus humiliant pour une femme de se faire traiter de  »quelqu’un qui n’a pas d’odeur ». Cette expression est souvent utilisée par des femmes qui estiment que d’autres ne prennent pas assez bien soin d’elles.

Doukhane et réligions

Pour finir, on donne au doukhane une dimension religieuse ce qui n’est pas étonnant car Bible et Coran en parlent. Chez les indiens et les adeptes du bouddhisme, il est aussi utilisé pour communiquer avec les divinités.


N’Djaména : la guerre des moustiques

La saison des pluies à N’Djaména est aussi celle des moustiques et avec eux des maladies qu’ils apportent. Face à cette situation sanitaire grave, une seule solution : la guerre. Et je ne plaisante même pas !


En cette saison des pluies qui s’étale de juin à septembre, je dois avouer que j’exècre au plus haut point les insolentes inondations dans mon quartier. Les flaques d’eau qui peuvent stagner des mois durant, mélangées aux ordures, aux matières fécales humaines et à toutes les canalisations des douches et autres déchets ménagers constituent de véritables points de prolifération de mouches, de bactéries de tout genre et de moustiques plus précisément des anophèles à l’origine du paludisme qui est une des principales cause de mortalité au Tchad.

Cette invasion aux conséquences avérées de moustiques pousse les habitants de la capitale tchadienne à prendre des mesures pour ne pas contracter des maladies et des infections… Des mesures qui ne sont pas toujours efficaces car même si l’on a pris l’habitude de dormir dans des moustiquaires, de pulvériser nos chambres d’insecticides, il n’y a toujours pas de solutions pour nos rues toujours inondées nous obligeant à disputer le passage avec les crapauds, les matières fécales flottantes et tout genre de déchets…

Un enfant traversant une flaque d’eau dans un quartier de N’Djaména
Crédit Photo : Say Baa

Pour avoir vécu dans plusieurs quartiers de N’Djaména, je peux vous assurer que la situation est grave !

Et c’est aussi le lieu de dire que les moustiques ont évolué, ils sont devenus plus résistants, plus coriaces et les anophèles définitivement plus mortels.

Normalement les moustiques prolifèrent par saisons mais dans certains quartiers de N’Djaména, ils sont omniprésents et n’agissent pas toujours de la même manière ! La grande victime que je suis est devenue un expert en moustique… Et de ce fait, je me dois de vous les présenter.

Quand les moustiques s’adaptent à leurs environnements

Dans le quartier Paris-Congo, où les caniveaux ne s’écoulent jamais, je peux vous assurer que les moustiques font de la gym… Ils ont des biceps bien développés et peuvent soulever la moustiquaire à la seule force de leurs bras avant d’y entrer et passer toute la nuit avec vous ! Je vous laisse imaginer les dégâts…

Un petit canal où prolifèrent les moustiques
Crédit Photo : Say Baa

Au quartier Moursal, ils sont tellement malins que je suis convaincu qu’ils portent des cache-nez et des masques. La preuve, impossible de les tuer avec un insecticide ! Autant dire que vous signez avec eux un pacte à vie !

Les produits répulsifs semblent bien marcher dans le quartier Dembé sauf que les moustiques finissent tous par ressusciter au bout de la troisième heure ! Pendant ce temps au quartier Diguel les insecticides ont un effet de drogue sur les moustiques. Ils planent littéralement et au bout de deux heures, ils sont tous prêts à chanter en chœur dans vos oreilles comme dans un film de Bollywood.

Les Moustiques du quartier Chagoua ressemblent à l’invasion de l’armée tchadienne contre la Libye pour la récupération de la bande d’Aouzou. Impitoyablement agressifs !

A Walia, ils sont sournois comme un cancer. Le temps que vous-vous rendiez compte, le paludisme dans votre organisme est déjà à 4 croix !

Dans la plus part des quartiers périphériques de N’Djaména, les moustiques sont encore en stage professionnel à cause de la faible densité de la population mais ne vous méprenez pas, ils peuvent vous envoyez vite fait à l’hôpital pour un plus ou moins long séjour !

Maintenant que vous connaissez les moustiques selon les quartiers, laissez-moi vous prodiguer un dernier conseil : Si vous ne voulez pas repeindre le mur de votre WC (à la tchadienne avec un trou ouvert) de vos matières fécales à coups de sursauts ou « d’auto grandes fessées » à cause des piqûres de moustiques, É-VI-TEZ de déféquer de 18h 30mn à 07h 00 !!! Et si vous avez une diarrhée pendant ce temps ? Et bien si vous êtes un croyant, entre nous, c’est le moment de réciter quelques prières même si elles n’ont aucun rapport avec les moustiques… Et honnêtement, c’est à peine si j’exagère !

Une femme enceinte couchée dans une moustiquaire
Crédit Photo : Allan Gichigi / Flickr

Comment vit-on avec l’un des insectes les plus tueurs au monde ?

Ces insectes diptères ont fait de nos vies un véritable calvaire. Chaque jour on enregistre de nombreux décès dus au paludisme au Tchad. Les plus concerné•es étant les enfants de moins de cinq ans et les femmes enceintes.

Test de paludisme sur un enfant
Crédit Photo : Flickr

Finalement, pour se protéger des piqûres de moustiques, les tchadiens utilisent des produits qui ne sont pas sans dangers pour l’organisme humain. Il s’agit :

  • Des insecticides pulvérisables qui peuvent créer des lésions pulmonaires à causes de leurs compositions contenants de produits chimiques ;
  • Des crèmes anti-moustiques susceptibles de créer des problèmes dermatologiques ;
  • Les moustiquaires imprégnées de produits très irritants pour la peau et les yeux pendant les premiers jours d’utilisation…

Même si des sommes colossales sont déboursées chaque année par le gouvernement et les organisations internationales pour lutter contre le paludisme, il n’en reste pas moins que le détournement et les pratiques peu orthodoxes de certaines institutions étatiques mettent à mal l’objectif d’éradication de cette maladie au Tchad. Il en ainsi de la douane qui en 2016 avait bloqué 21 conteneurs de moustiquaires pour des raisons inexpliquées.

Et plus souvent, ces moustiquaires destinées à une distribution gratuite se retrouvent sur les marchés à des prix qui ne sont pas toujours à la bourse de tous les tchadiens.

Selon le Programme National de Lutte contre le Paludisme au Tchad :

En termes de mortalité, il représente 15% de tous les décès enregistrés dans les structures sanitaires. On voit donc que l’affaire est sérieuse. Mais, on sait que les statistiques officielles sont en deçà de la réalité des dégâts causés par le paludisme au Tchad, parce que tous les cas ne sont pas déclarés au niveau des formations sanitaires.

Source : RFI

À force d’être victime des moustiques, tout le monde est devenu « médecin »

Aujourd’hui, tout le monde trouve normal de tomber malade du paludisme au moins une fois par an. C’est devenu une routine ! Et vu la multitude d’antipaludéens disponibles sur nos marchés, chacun fait de l’automédication se basant sur la montée de fièvre qui est très souvent une des caractéristiques du paludisme sans savoir s’il y a d’autres maladies sous-jacentes à ce symptôme. Et ces personnes se retrouvent souvent avec un palu mal traité qui peut engendrer une multitude de problèmes tels que l’anémie sévère, le neuropaludisme, l’insuffisance rénale et hépatique…

Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), près de la moitié de la population mondiale est exposée à cette maladie. En 2017, 219 millions de cas cliniques de paludisme ont été observés dans le monde et 435 000 ont entraîné le décès des personnes atteintes.

Source

Pour tirer votre épingle du jeu, il est impératif de passer régulièrement le test du palus surtout si vous être fréquemment exposés aux piqûres des moustiques. Et gardez à l’esprit que les enfants et les femmes enceintes sont très vulnérables alors, gardez-leur une attention particulière.

Prise de température sur un enfant atteint de paludisme
Crédit Photo : Flickr

Evitez les médicaments de la rue même si ce sont d’antipaludéens. Rendez-vous dans les pharmacies où les produits sont mieux conserver et avec un effet curatif efficace.