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Tchad : un club de lecture pour jeunes aveugles voit le jour à N’Djaména

En tant qu’artiste, j’aime les rencontres et je peux vous assurer qu’au-delà des personnes bienveillantes, de bons conseils et admiratives, il y a des rencontres comme celle-ci qui vous changent profondément, qui apportent à votre vie une nouvelle raison. Celle de donner plus, de donner mieux.

Une rencontre pourtant inopinée 

Tout a commencé il y a près de deux ans, alors que j’animais une émission à la radio. Un jeune homme m’avait appelé pour m’inviter à une manifestation des jeunes déficients visuels. Il voulait que je vienne déclamer quelques textes de slam à la journée nationale des personnes handicapées. Je n’ai pas hésité une seconde et me suis présenté le jour même de l’événement. Nous y avons passé ensemble un agréable moment. 

Ils ont chanté, ils étaient au clavier, à la guitare et à la batterie, ils ont même animé un petit sketch. 

Des jeunes du CRJA présentant un sketch de sensibilisation à l’importance des cours pour les personnes aveugles / Crédit photo : Say Baa

Au-delà d’être de bons vivants, ce sont d’abord des élèves passionnés

Ils sont une trentaine d’âmes logées dans le Centre de ressources pour Jeunes Aveugles, ici à N’Djaména. Tous vont à l’école et optent malgré eux pour la série littéraire, car leur handicap limite leur accès aux sciences. Tout de même, ce n’est pas une raison de lâcher prise.

« Nous avons déjà tellement de chance d’avoir accès à l’éducation, contrairement à d’autres aveugles ».

Dominique, un jeune du CRJA
Une jeune fille aveugle utilisant un écritoire pour passer un examen de géographie / Crédit photo : Flickr

Le Centre de ressources pour Jeunes Aveugles, un refuge depuis une trentaine d’années

Il y a déjà une trentaine d’années que le Centre de Ressources pour Jeunes Aveugles a été créé par un prêtre français dans l’optique de venir en aide aux jeunes non-voyants en les scolarisant et surtout en leur offrant un cadre de travail et d’échange dans lequel ils ne se sentiront pas seuls et isolés. Depuis, le pari a été tenu ! Plusieurs jeunes sont sortis de ce cadre nantis d’un baccalauréat et d’autres ont eu la chance de faire des études universitaires dont ils sont également sortis diplômés.

Des générations s’y sont succédé et la tradition se perpétue au grand dam des techniques anciennes d’apprentissage du braille.

Dominique, un jeune du CRJA référençant les livres offert au centre grâce à son écritoire / Crédit photo : Say Baa

Une bibliothèque constituée de livres en braille mais  »obsolète » 

Dominique, un jeune du centre m’assure que dans d’autres pays (sans doute ceux de l’occident) les techniques d’apprentissage du braille sont améliorées et plus faciles à assimiler. Leur bibliothèque qui date de la création du centre est constituée de livres en braille abrégé, un langage qu’ils n’arrivent pas à décoder parce qu’ils ne l’apprennent pas. Du coup, la bibliothèque ne leur sert à rien.

Des documents en braille abrégés prenant de la poussière sans être exploités / Crédit photo : Say Baa

Le type de littérature dont ils ont accès

La majorité des élèves du centre sont inscrits au Lycée Sacré Cœur de N’Djaména. De ce fait, ils suivent les cours dans des classes « normales » (avec des personnes voyantes). La plus grande difficulté survient lorsqu’ils doivent exploiter des romans. Pendant que les autres peuvent lire entièrement un livre et le comprendre, eux doivent se contenter d’un résumé de quelques pages en braille. L’autre difficulté réside également dans le fait qu’ils n’aient pas accès au dictionnaire en braille, ce qui complique davantage leur habilité à apprendre de nouveaux mots et d’enrichir leur vocabulaire.

Quelques livres parmi la trentaine offert au CRJA / Crédit Photo : Say Baa

Un club de lecture pour essayer de palier à ce problème

Avec des ami(e)s, j’ai bien voulu lancer ce club de lecture pas tout à fait comme les autres. Je vous explique son fonctionnement. Nous avons déposé au CRJA une trentaine de livres (des romans au programme et quelques classiques). Le club de lecture intervient une fois par semaine pour faire une lecture bénévole aux jeunes non-voyants dans l’espoir de leur faire découvrir un livre, entièrement.

Dominique et moi établissant une liste des livres reçus/ Crédit Photo : Corentin Leroux

Appel à contribution 

Un grand merci à toutes celles et ceux qui ont contribué à ce projet !

Ce projet n’est pas fermé sur un groupe d’individus, il est ouvert à qui veut bien apporter sa pierre à la construction de l’édifice. Vous avez un vieux bouquin qui prend de la poussière dans votre étagère ? Offrez-le-nous, il servira à d’autres personnes ! Vous êtes un auteur, un passionné de littérature, un professeur de littérature et vous voulez partager cette passion avec des gens qui sont dans le besoin ? Contactez-nous dans la partie réservée aux commentaires et nous-nous chargeons d’organiser cela ! Enfin, voulez-vous vous lancer dans un projet complément dément ? Alors, réfléchissons ensemble à offrir de véritables livres en braille à ce centre !!!

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Auteur·e

lafenetreetoilee

Commentaires

ADELINE - COURSANT
Répondre

Bonjour,
Pourriez-vous me donner les coordonnées d'une personne à contacter pour faire don de livres en braille.
Par avance, merci.

lafenetreetoilee
Répondre

Bien sûr !