Cauchemar : un son écrit avec le cœur

La ville de Ngaoundéré au Cameroun aura écrit une bonne partie de l’histoire de ma jeune carrière de slameur… J’y ai connu ma première expérience de studio, ma première expérience avec un label, ma première scène hors de mon pays et ma première véritable collaboration… Et pendant ce temps, il m’a été donné de travailler avec des personnes très talentueuses qui ont su apprécier et laisser libre cours à ma créativité.

A cette époque, je cherchais encore mes repères, je prenais mes marques sur des rythmes très variés en repoussant mes limites, brisant avec l’image un peu terne que les gens avaient du slam. Cette curiosité et cette envie d’aller voir ailleurs m’ont conduit vers Lady Break, cette jeune fille qui envoutait l’Adamaoua de son génie musical. Elle avait cette facilité presque troublante à s’adapter à n’importe quel genre de musique. Elle dominait littéralement le ‘’RnB’’ dans ses nuances les plus souls, et mettait un point d’honneur à maitriser l’afro pop et chacune de ses variantes…

A l’époque, j’avais les mélodies de ses chansons qui passaient sur les ondes de la radio campus bloquées dans un coin de ma tête. J’étais fan de son travail, et je me suis dit : un jour, je collaborerai avec cette artiste ! Le hasard aidant, un jour, je découvre qu’on avait le même beatmaker ! Mais ce sera grâce au concours d’un autre ami artiste que je la rencontrerai finalement vers mi 2015.

Lady Break
Crédit Photo : Music In Motion Records

Il a suffi que je lui dise mon nom pour qu’elle me ‘’reconnaisse’’ : ‘’Mais je te connais ! Le samedi dernier j’ai écouté un slam de toi qui traite de l’avortement sur la radio campus. C’était très émouvant !’’

J’avoue que je ne m’y attendais pas,  mais je n’avais pas à m’inquiéter non plus. Car entre-nous, c’était plutôt bien parti ! Elle avait une personnalité très avenante et les heures qui ont suivi, nous les avons passé à improviser des mélodies et lyrics pêle-mêle. C’était tout à fait le genre de rencontre que je me suis toujours imaginé entre artistes !

Nous avons découverts mutuellement l’univers de chacun et nous-nous sommes décidés presque instantanément d’entamer une collaboration.

Pourquoi collaborer sur un titre qui s’intitule Cauchemar ?

Cauchemar, c’était parti de l’idée de raconter ‘’nos’’ déboires après un moment d’enthousiasme, d’enivrement et d’inspiration comme celui que nous avions passé ce jour-là à s’échapper ensemble dans cette passion qu’est la musique. Car oui, très souvent derrière chaque moment de bonheur se niche un malheur, un cauchemar qui des fois échappe à la justesse des mots pour le décrire… alors nous avons imaginé cette histoire telle que racontée dans le son.

En parallèle à ce choix purement artistique, Lady Break vivait à cette époque, sa première expérience de maternité qui s’annonçait pour le moins compliqué. Je crois que c’est ce fait qui nous a décidé dans le choix final du titre.

En Avril 2016, Lady Break accouchât de son enfant par césarienne. Heureusement, tout s’était bien déroulé. L’incroyable histoire reste le fait qu’elle ait composé le refrain du son ‘’Cauchemar’’ sur son lit d’hôpital en pleine convalescence ! Je n’en revenais pas, moi qui étais à son chevet le jour qui a suivi son intervention chirurgicale ! Mais elle avait définitivement gagné mon admiration par son incroyable force et par-dessus tout, sa passion sans faille pour son art.

Ensuite, nous avions décidé de raconter un ‘’Cauchemar’’ ensemble, sans artifices, sans prétention aucune, juste avec le cœur sur un beat du gabonais Slayerbeatz, un mastering du camerounais Mystik le tout sous la coordination du label Music In Motion Records !

Maintenant, à vous d’écouter, de commenter et de partager autour de vous…

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Auteur·e

lafenetreetoilee

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