Marijuana : la nouvelle bévue de certains étudiants tchadiens au Cameroun

Avec ses multiples universités et instituts universitaires, le Cameroun est le pays de l’Afrique Centrale où l’enseignement supérieur est le mieux côté. Ainsi, le pays accueille chaque année de milliers de jeunes venus de plusieurs pays de l’Afrique francophone dont majoritairement de la République Centrafricaine, du Gabon, de la République Démocratique du Congo et du Tchad avec pour objectif d’obtenir au moins un diplôme universitaire.

Campus de l’Université de Yaoundé I
Crédit photo : wiki commons

Aujourd’hui, La fenêtre étoilée pose ses valises à Yaoundé la capitale politique du Cameroun aussi appelée la ville des sept collines à cause de son paysage abrupt. Elle est sans conteste l’une des métropoles africaines qui accueille le plus grand nombre d’étudiants tchadiens ces dernières décennies. Avec une population à dominance jeune, Yaoundé est réputée pour ses fêtes nocturnes rocambolesques.

Les réjouissances traditionnelles

Le pays de la sulfureuse chanteuse Lady Ponce, regorge un nombre incroyable de bars et de boites de nuits pour des ndjokas (fête, ambiance) dignes des aspirations les plus païennes. Et la plupart du temps, les panthères (professionnelles du sexe) ne sont jamais loin.

Dans le Cameroun de Samuel Eto’o, par rapport au Tchad, les bières sont moins chères, l’accès aux bars et boites de nuits est sans restrictions, il y a une profusion de filles de joie… le tout facilité par un coût de la vie relativement faible. Les jeunes qui au Tchad, n’avaient pas l’habitude des boites de nuit, se trouvent happer par ce train de vie aux apparences hautement trompeuses.

Pendant longtemps, le penchant était tourné vers l’alcool et la plupart du temps, les bleus sont très vite sissia (influencés) par les anciens. Et souvent, il ne faut pas longtemps pour wanda (se poser des questions, s’étonner) sur la facilité par laquelle ces jeunes étudiants passent d’une vie relativement saine à une vie d’alcooliques complètements dégénérés !

La nouvelle star

Depuis peu, la tendance a grandement évolué et pas pour le mieux hélas. Il suffit de faire le tour de l’actualité pour se rendre compte que dans plusieurs Etats du monde, l’on tend à légaliser ou du moins à dépénaliser la consommation de la marijuana. Et sur cette question perçue par beaucoup comme purement politique, les avis des scientifiques même les plus éminents divergent toujours.

Toutefois, comme les autres substances, la marijuana n’est pas continument sans dangers. On est d’accord !

Pour vivre de fortes « sensations », certains étudiants se sont tournés vers cette drogue pour des raisons souvent farfelues :

  • Fumer de la marijuana aide à remettre ses idées en place après une journée trop chargée ;
  • La marijuana fait pousser les cheveux (eh oui ! Il suffit de voir la clique de Bob Marley à l’époque pour s’en convaincre !) ;
  • La marijuana permet de mieux décrypter les notes d’une musique reggae (one love) ;
  • La marijuana est moins nocive que la cigarette ;
  • La marijuana lutte contre le coronavirus (la tendance en cette période de crise sanitaire) ;
  • La marijuana inspire…
Crédit photo : wiki commons

Le système de deal

Il existe des producteurs de cannabis dans certaines villes du Cameroun. Bien que le produit final soit disponible pour une clientèle plus large, les universités sont des endroits où les deals sont aussi conséquents et se font avec beaucoup de commodité. Ceci est facilité par une solidarité assez malsaine comme quoi « entre étudiants on ne se dénonce pas ! » Et les conséquences sont irréversibles, une cité universitaire qui se trouve agitée par un étudiant shooté à la drogue et qui passe la nuit à faire des hallucinations, à crier, à piquer des crises psychotiques…

Usuellement, le circuit se présente comme suit : un grossiste souvent au-delà de tout soupçon (un étudiant model, bien coiffé, toujours bien habillé) qui se fournit en grande quantité (plusieurs kilogrammes très souvent) de marijuana chez un producteur, puis la met à la disposition des dealers pour une vente en détail. Ainsi, les dealers sont en contact direct avec les consommateurs, attirés par un système de fidélisation engageant (la première dose est souvent fournie gratuitement).

Généralement, il n’est pas si difficile d’entrer en contact avec ces dealers. Si vous n’en avez pas un dans votre cité, vous pouvez les rencontrer aux détours d’une visite dans la cité d’un ami. Ou alors faites simple, suivez cette odeur particulière du chanvre indien qui gagne l’atmosphère la nuit tombée et vous êtes sûr de remonter à la source.

Des retombées peu glorieuses

Pour avoir vécu à Yaoundé pendant deux ans, j’ai pu observer la déchéance de beaucoup d’étudiants. Souvent par des réalités les plus hallucinantes :

  • Un jour, un étudiant sous l’emprise de la drogue avait complètement oublié qu’il avait des matières à composer le jour suivant. Le temps de se rendre compte, il était déjà trop tard pour le compte de ce jour-là et puisqu’il avait recommencé à se droguer le soir venu, le schéma s’était reproduit le restant des jours d’examens ;
  • Un étudiant a fumé de la marijuana pour une valeur de deux cent mille FCFA destinés à la location d’une chambre pour ses études ;
  • Convaincu qu’il souffre d’une maladie au cerveau les parents d’un étudiant ont dépensé une petite fortune en consultations médicales et examens de tout genre…

Bien que les avis sur la consommation de la marijuana soient divergents, il n’en est pas moins que cela comporte des facteurs de risque pour les dépendants notamment sur :

  • La santé mentale (anxiété, psychose, dépression…) ;
  • La santé physique (tension artérielle, risque de développer un problème cardiaque…) ;
  • La capacité cognitive (hallucinations, paranoïa…).

En fin de compte, les jeunes étudiants qui s’adonnent à cette pratique n’envoient aucune image glorieuse ni pour eux-mêmes, ni pour leur entourage car ils ndem (échouent) tout leur parcours académiques la plus part du temps et sont prêts à confesser qu’ils ont été ngrimbatisés (ensorcelés). Entre temps, la marijuana a fini par faire de beaucoup de ces jeunes des véritables nanga-boko (personnes peu recommandables), et surtout des feymen (escroc) pour leurs propres parents.

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Auteur·e

lafenetreetoilee

Commentaires

Dr K.
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merci pour ce billet qui me fait découvrir une tout autre facette de mon campus. J'ai fait 8 ans d'étude a l'Université de Yaoundé 1 et jamais je n'ai soupçonné ou été témoin de ce système de deal, même si en prenant le petit chemin arrière (la porte des étoiles) pour sortir du campus, certains de mes camarades disaient reconnaitre une odeur de chancre émanant des buissons. je me disais que ça devait être le produit de certains riverains de l'université. Je ne me suis jamais douté que les étudiants étaient ainsi concernés.
A vrai dire, je n'ai jamais évoluée dans une cité universitaire puisque fort heureusement j'avais la maison familiale dans la même ville. Il semble que cela m'aura épargné bien des déboires.😄😄 Assia a mes frères Tchadiens!

lafenetreetoilee
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C'est vrai que quand on ne vit pas dans une cité universitaire, certains faits nous échappent un peu.
J'ai vécu la situation de prêt. à Soa précisément...
Il y avait des consommateurs de marijuana dans ma cité et le grossiste était juste dans la cité d'en face...
Les nuits étaient souvent très agitées!

Kobe Isidore
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Je n'en doute même pas vu certains comportements de ses étudiants. C'est vraiment dommage.

lafenetreetoilee
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En effet c'est vraiment dommage!

Dominique Naissem
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C'est vraiment dommage, les parents font des sacrifices pour permettre que leurs enfants puissent étudier à l'étranger mais pour certain étudiants, c'est une occasion de eux de jouir de leur liberté disent-ils.

lafenetreetoilee
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En effet, c'est vraiment dommage!

Narayam Frédéric
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avec tous les efforts que fournissent les parents.pour les envoyer étudier.c'est vraiment dommage

lafenetreetoilee
Répondre

C'est donc le lieu d'appeler ces étudiants à être plus responsables!