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Tchad : manque de complexes hôteliers, frein au développement du tourisme

Ce n’est plus à prouver, de nos jours, l’hôtellerie est une véritable industrie qui engendre des chiffres d’affaires colossaux chaque année. Nous ne sommes plus à cette époque où les visiteurs de passage dans un village ou une ville étaient logés et nourris chez des particuliers. Même si la donne semble changer, le Tchad reste à la traîne avec des difficultés qui lui sont propres.

Les complexes hôteliers de renoms au Tchad

Oui, les temps ont changé, les choses ont évolué. Au Tchad, on entend aujourd’hui les grands noms de l’hôtellerie tel que : Hilton, Radisson Blue, Ledger Plaza, Novotel et bien d’autres. Mais la seule chose que ces hôtels ont en commun est la seule capitale tchadienne, N’Djaména. Lorsqu’on se rend dans les autres provinces du Tchad qui ont un fort potentiel touristique, le choix s’en trouve limité.

L’hôtel Hilton à N’Djaména/Crédit Photo Say Baa

Les hôtels dans les provinces du Tchad

La plupart du temps, lorsqu’on parle d’hôtels dans les provinces tchadiennes, on le fait par abus de langage. Car le standing n’y est pas, même pas dans la catégorie d’hôtel une étoile. Souvent, le client se retrouve face à un gros problème d’accueil, un établissement très mal entretenu, un constant problème d’électricité, un manque d’informations sur les services proposés, des chambres exigües… Bref, tous les ingrédients sont réunis pour vous convaincre de ne pas y séjourner ! Mais alors comment ces établissements de résidences font pour ne pas fermer boutique ?

Crédit Photo : Yass_Mine/Iwaria

Hôtels, auberges ou ‘’camps de passe’’ ?

Vous l’aurez compris, les seuls hôtels qui vous donneront satisfaction se trouvent à N’Djaména. Dans les autres provinces, il vaudrait mieux mettre les établissements qui offrent un service de logement dans la catégorie d’auberges et de maisons de passe. Bien entendu, ici, on ne connaît pas les maisons d’hôtes !

Pour ce qui est d’auberges, nous en avons un bon paquet dans les cinq plus grandes villes du Tchad en dehors de N’Djaména. Et très souvent, tous ces établissements, autant qu’ils sont, s’apparentent à des (passez-moi le mot) baisodromes. Il y a à chaque fois, quelque chose qui cloche ! Des draps sales, un préservatif usagé qui flotte dans la cuvette, des mégots de cigarettes à même le sol, une chambre avec une odeur nauséabondes… (ps : je vous parle par expérience !)

C’est un fait hélas qui a le don de faucher les relations avec les clients. Dans certaines auberges, les maîtres des lieux privilégient les clients pour des petites passes de deux heures à un séjour plus ou moins longs. En termes d’entrée, ils sont plus gagnants avec le premier cas de figure assurent-ils.

Crédit Photo : Anne David/Iwaria

Quand les plus petites villes se mettent au jeu des auberges

Un jour, avec une équipe de travail, nous devions séjourner dans une auberge (l’unique de la ville) dans le sud du pays. A notre arrivée, le concierge était surpris de nous voir ! Il était très habitué à ne recevoir personne. Et la pandémie de Coronavirus avait aggravé la situation.

Financièrement parlant, tenir une auberge dans les petites villes du Tchad peut s’avérer être un grand risque. Les entrées se font rares face au manque de la culture du service impeccable, et du marketing.

Mais au-delà de l’aspect financier, les services ne sont pas toujours adaptés aux régions en termes d’architectures, de gastronomie, de détente… pour permettre une immersion totale et une expérience mémorable.

L’implication de l’Etat dans le tourisme

Le potentiel touristique du Tchad n’est plus à démontrer. Que ce soit les plateaux de l’Ennedi, le Sahara et ses incroyables dunes de sable, le parc de Zakouma, le mont Illi, le singulier lac Ounianga… Ils constituent tous une force immense pour le tourisme. En tant que tel, ce secteur gagnerait à mettre en avant de manière ciblée, un véritable réseau de complexes hôteliers avec des informations disponibles afin de répondre aux besoins des touristes. Les auberges situées dans les zones touristiques pourraient bénéficier d’exonérations de taxes pour leur permettre d’avoir une stabilité financière et compenser le service avec la clientèle.

Un troupeau de dromadaires dans la province de l’Ennedi/Tchad. Crédit Photo : Guéra touristique
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lafenetreetoilee

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