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Tchad : la lutte contre les incivilités, une vraie urgence pour nos sociétés

Dans les sociétés tchadiennes, un problème générationnel semble gangrener le comportement des uns et des autres. Celui lié aux incivilités ! Chacun y va de son inspiration en créant des manquements aux plus petites règles de vie en sociétés, les bonnes manières. Un coup à vous faire prendre un ‘’Damboula hanakou’’ présidentiel dans la gueule !

Un problème depuis les familles ?

La situation semble anodine mais lorsque des enfants grandissent avec à l’idée que jeter des ordures dans la rue, insulter des gens parce qu’ils ne sont pas issus de la même classe sociale qu’eux, fumer dans des lieux publics sont des comportements normaux, alors on se retrouve fatalement face aux situations bafouant le respect des convenances qui régissent la vie en société.

On dit souvent que la famille est une société en miniature. De ce fait, pour réussir une vie dans laquelle des personnes de divers horizons cohabitent pacifiquement, il faut que le cocon familial soit un bon milieu pour l’épanouissement des enfants au contacts d’autres personnes.

Crédit Photo : Gopal Amah/Iwaria

Les incivilités dans nos villes

A l’opposé de la civilité qui est un ensemble de règles proposant des modèles de conduite adaptés aux différentes situations sociales, chaque incivilité est susceptible de créer un problème spécifique à une situation.

Le respect des règles de vie qui permettent le vivre ensemble au Tchad est mis à mal depuis belle lurette.  

Crédit Photo : Anselmo Colazzo/Flickr

Les incivilités sur la route 

C’est là où le côté complètement « inconscient » des gens se manifeste le plus. Et les cas se multiplient :

  • Donner la priorité aux piétons : peu importe la situation et peu importe que ce soit un monsieur de 80 ans qui traverse la route à pied, il est rare que des gens derrière leur volant patientent sans manquer de le faucher ou de lui balancer des jurons ;
  • La pollution volontaire : c’est peut-être une des pires incivilités qui soit dans notre pays. Il y va du fait de jeter des papiers dans la rue, des mégots de cigarette par terre, des sachets de friandises, des mouchoirs usagés, des bouteilles en plastiques, des canettes, des cache-nez…
  • Les manquements au code de la route : souvent, des gens sur deux motos différentes se retrouvent en train de causer tout en roulant comme s’ils étaient dans leur salon pendant que la circulation est cahoteuse ! Dans le même ordre d’idée, des gens en voiture occupent deux chaussées, baissent les vitres de leurs voitures pour se balancer des « salamalek » au détour d’un rond-point et prendre quelques renseignements en plus.
Crédit Photo : Aristodemo De Cesaris/Flickr

Les incivilités face au savoir-vivre

On ne cessera jamais de le dire, pour vivre en harmonie dans une société, il faut impérativement que les uns et les autres arrivent à apprendre le savoir-vivre qui est un élément catalyseur pour une bonne entente entre les gens. Il en ainsi de :

  • Respecter les zones « non-fumeur » : au Tchad, il existe beaucoup de fumeurs, pourtant, tous ne semblent pas comprendre qu’il n’est pas toujours bien de fumer partout même si l’envie de le faire est insoutenable. Il en est de même pour le fait de fumer dans un lieu public ;
  • Aider des personnes âgées ou handicapées : quand j’en parle avec les personnes plus âgées de mon entourage, elles ont toutes la même conclusion, cette génération n’a aucun respect pour les personnes vulnérables moins encore pour celles qui sont âgées ;
  • Les discriminations raciales, physiques, sexuelles… : je n’arrive toujours pas à comprendre la logique derrières ces haines sans fondement. Ces gens qui se haïssent à cause de leurs différences, ces personnes qui s’adonnent aux violences physiques contre des personnes vulnérables et sans protection, ces individus sans foi ni lois qui violent sexuellement des enfants, des femmes au nom de je ne sais quelles pulsions sexuelles sournoises… 
  • La politesse : pour revenir à la génération de mes parents, on mériterait une éducation à l’ancienne. Lorsqu’un enfant se montre impoli avec son ainé, toute personnes témoigne de la scène est sensée le corriger, à la déculottée si besoin ;
  • Les insultes : vous les reconnaissez ces jurons 100 % tchadiens ? Damboula, houmar, azaba, fatiss, kelib… Et bien ils nous accompagnent tous les jours à tout niveau de la société, à tous les âges…
  • Les dégradations de biens publics : dans la tête du tchadien, quand quelque chose ne lui « appartient » pas directement, il veut toujours en abuser. Les exemples ne manquent pas. Il y va des tags sur les murs, du fait de s’assoir sur le dossier d’un banc public et piéter avec ces chaussures des fois avec des boues la partie indiquée pour s’asseoir…
  • Le tapage nocturne : autre domaine dans lequel on excelle bien, c’est de créer de la nuisance sonore avec ces bars qui se créent partout et tous les jours, boire de l’alcool jusqu’à pas d’heure et se laisser aux bruits sur ses voisins…
Crédit Photo : Matt Brown/Flickr

Les autres civilités auxquelles, on ne semble plus s’adonner

  • Trier les ordures ;
  • Donner son sang ;
  • Se dévouer pour la collectivité ;
  • Faire du bénévolat

Pour espérer remédier à ces phénomènes de société, il nous faut adopter de « bonnes attitudes » en fonction de chaque incivilité, car à chaque fois que vous reprocher un acte incivil à quelqu’un (généralement ils sont toujours sur la défensive), les choses peuvent très mal se passer.

Tout de même, il faut que le comportement de chacun arrive à produire un modèle social exemplaire pour favoriser une prise de conscience. 

Les exemples liés aux actes d’incivilités ne manquent pas et pour redresser la barre, il faudrait que chaque individu se donne les moyens de faire les choses biens pour son pays, sans attendre que cela viennent forcément de l’Etat.

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Auteur·e

lafenetreetoilee

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