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Laï : la capitale tchadienne de l’or blanc !

Dans le sud du Tchad, se niche Laï, une petite ville d’environ 40.000 habitants. Et comme les petites villes de ce pays, Laï rencontre des problèmes démesurés liés à son enclavement. En saisons des pluies, le trafic routier vers cette ville est suspendu. Tous les engins ne sont pas faits pour traverser la boue, de grands trous ou carrément un bras de fleuve sur plus d’un kilomètre ! Ces grandes crues qui ont le don d’engloutir la surface de Laï, en ont fait un fief pour la culture rizicole.

En saison pluvieuse, le niveau de l’eau sur le trajet Kélo-Laï peut être de plus de 1,20 cm/Crédit Photo : Say Baa

Une terre d’abondance

Déjà au mois de mars, pendant que les cultivateurs des autres régions attendent les premières gouttes de pluies pour commencer les cultures, à Laï, certains champs sont déjà en pleine effervescence. Des pépinières de riz à la phase de repiquage, des petits espaces verdoyants colorent le paysage jaunâtre et grisâtre. C’est le moment des cultures de contre-saison.

Les conditions sont réunies, pour qui sait dompter la terre, pour s’adonner à cœur joie à la culture du riz. Bien que plusieurs zones du Tchad, du Mayo Kebbi (le Nord de la ville de Bongor et le canton Katoa) au Mandoul, soient excellentes pour la riziculture, la province de la Tandjilé est définitivement la championne avec ses sites de Deressia. Ce sont plusieurs centaines d’hectares de champs de riz sablo-argileux qui semblent joindre l’horizon au loin, dans une verdure à chaque fois au paroxysme de sa maturité.

Un champ de riz au mois de septembre 2020 / Crédit Photo : Say Baa

Des techniques de culture rudimentaires

La culture du riz au Tchad se fait de manière traditionnelle, c’est-à-dire avec des instruments à motricité humaine ou animale à l’instar de la houe, de la daba, de la charrue… L’utilisation des machines industrielles se fait de manière timide avec de plus en plus de présence de tracteurs, de motopompes et autres dans les champs. Cette approche traditionnelle de la culture du riz a le don de limiter la production car à la seule force des bras, il est impossible de s’imaginer cultiver des centaines d’hectares.

Le bassin du Chari Logone facilite les cultures de contre-saison avec un système d’irrigation depuis environ deux décennies. Ce système de culture vient renforcer la capacité de production déjà grande en couvrant toute l’année.

Culture avec des techniques anciennes/Photo d’illustration de Hbierser: Iwaria

Récolte et distribution du paddy

Plus d’hectares cultivées, plus la récolte est grande. Et chaque année, la seule zone rizicole de Laï produit plusieurs centaines de milliers de tonnes de riz paddy qui seront ensuite acheminées dans tout le pays pour la vente. Là encore, la récolte se fait à la main selon un procédé méticuleux et exténuant.

La capitale de l’or blanc gagnerait à être mise à l’honneur

Malgré son potentiel immense en rapport avec la riziculture, force est de constater que la province de Laï est la troisième plus pauvre du Tchad.

La nature a fait grâce à cette ville, c’est une terre d’abondance qui hélas est oubliée car même son potentiel avéré dans la production du riz n’est pas exploité à sa juste valeur et pendant des mois, s’y rendre ou en sortir relève du parcours du combattant avec des routes totalement impraticables !

Avec ces difficultés bien connues, les jeunes et certaines ONG développent des projets aux fins de booster l’économie de la région.

En attendant que des efforts soient faits pour faciliter la culture et l’exportation de cet or blanc, c’est sûr, Laï continuera de nous nourrir de son authentique et savoureux riz ! En espérant des jours meilleurs, laissez-moi vous faire apprécier ce magnifique coucher du soleil qui à lui seul vaut le détour d’un petit séjour de tourisme dans la belle capitale tchadienne de l’or blanc.

Coucher du soleil sur le fleuve qui traverse toute la ville de Laï/Crédit Photo : Say Baa
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lafenetreetoilee

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