A nos étouffés : ceux qui ne respireront plus jamais !

Il y a un mois, dans le pays dit des droits de l’Homme, impuissant, face au bitume, menottes aux poignets, le souffle d’un homme s’expia sous les supplices de ses bourreaux. Son erreur serait de n’avoir pas la bonne couleur de peau, un peu comme si être un HUMAIN n’était pas suffisant. Pour la énième fois ce 25 mai 2020, une vie s’était fanée. Encore…

Crédit Photo: Commons Wikimedia

Espoirs braqués

Face à nos infinis dilemmes, j’aimerai confesser

Le témoignage de mon cœur éraflé, écorché, lacéré,

Le témoignage de ce peuple longtemps opprimé,

Le témoignage des vestiges du colon sur mes épaules balafrés,

Le témoignage répulsif de la communion d’ensemble,

Le témoignage de ma toile de peau, couleur du diable,

Le témoignage des sempiternelles barbaries humaines,

Témoignage des estampilles indélébiles des chaînes.

L’histoire a commencé un jour sur l’île de Gorée ;

Depuis, des générations se souviennent de Kunta Kinté

Parce que l’humain n’est plus digne de confiance,     

                                                                             

Je passe des heures à écrire mes déchéances

A confesser mes sentiments et mes peurs

Un bout de papier sur lequel trônent mes erreurs    

Crédit Photo: Commons Wikimedia

Nos étouffés

En attendant que nos vies s’équivalent 

En attendant que nos différences parlent

En attendant que cette humanité se célèbre

Rappelons-nous de l’amertume de nos décombres

L’Amérique se souviendra de George Flyod, Travon Martin…

Les réminiscences de Koné Issa trôneront dans les rues d’Abidjan d’Abidjan

Le Cameroun se souviendra d’Um Nyobe et de Samuel Wazizi

La Tunisie portera à jamais dans son cœur son héro Bouazizi      

          

Et comme si c’était hier, N’Djamena se souvient

De ses rues ensanglantées comme très souvent

De  Richard Mbaiguedem, Rozi Barkai, Mahamat Abakar,   

                                                     

Khalil Mahamat et Mateyan Manayal Bonheur

Et pendant que nos joues sont encore imbibées de larmes larmes

Nos cœurs aspirent à des jours meilleurs loin de ces citées d’horreurs…

Manifestation suite au décès de Mateyan Manayal Bonheur
Crédit Photo: Tchadinfos.com

Vanité, vanité, vanité

On a foi en la formule œil pour œil dent pour dent

La justice pénétrée à sec par des actes inhumains

Face à ces formules qu’on récite un genou au sol

Black lives matter ! I just want to live ! Black is beautiful !

Aujourd’hui j’aimerai confesser que la vie n’est qu’un voyage

Première ou seconde classe la destination est la même

Au nom de l’amour, pauvre ou riche les ‘’je t’aime’’ sont les mêmes

Blanc ou noir, nous avons le même souffle en partage

Vanité, vanité, vanité

Rien n’y changera d’être inhumé en soie ou en laine laine

Face à la mort il n’y a pas de carte bleue qui vaille la peine

Puissant ou faible je témoigne que le dernier nom qu’on portera portera

Ressemblera drôlement à :

‘’REPOSE EN PAIX’’

                         

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Auteur·e

lafenetreetoilee

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